Nous exhumons deux projets de concours perdus, deux processus à tout jamais interrompus, restés au stade d’esquisses (2 dimensions) qui ne connaîtront jamais la réalisation (4 dimensions). Nous leur offrons, le temps d’une exposition, d’accéder à un stade intermédiaire que l’on pourrait qualifier de sculp-tecture (3 dimensions).
Nous proposons l’installation de deux maquettes géantes (échelle 1/30) de deux bâtiments publics dans les espaces d’exposition. Ces deux sculp-tectures, nommées "fri" et "isp", sont positionnées selon l’orientation qu’elles auraient eue si elles avaient été construites à l’échelle 1/1. Leur taille et leur essentialisation (absence de détails et couleur uniforme) leur fait quitter le statut de représentation d’une architecture pour acquérir celui d’objets singuliers. Ces derniers, par leur échelle insolite, par leur positionnement particulier sur le sol et par leur situation dans un espace muséal, deviennent source d’interrogation pour le spectateur :
Attitude n° 1 _ les "objets singuliers" suggèrent au spectateur qu’il se trouve devant une installation artistique de type post-minimaliste. Il s’abstient dés lors de les toucher et participe activement à une expérience esthétique.
Attitude n° 2 _ les "objets singuliers" deviennent siège pour le spectateur. Ce dernier bénéficie de plusieurs hauteurs d’assise et de plusieurs orientations selon qu’il désire contempler la salle et les cimaises qui accueillent le travail des autres participants ou l’extérieur.
Le thème de cette installation est lié aux préoccupations pour les rapports d’échelle et à la phénoménologie de la perception architecturale qui animent notre travail.